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Exposition



25.03.10|10.04.10


Nam

Nam


Depuis quelques mois, Nam Eun Jung, petite soeur d’Icare, rêve d’ailes. Elle tente, à tire d’aile, de fuir ses lourds souvenirs, de mettre son pays natal, sa caste familiale à distance, de se libérer. Il lui faut devenir l’oiseau, une femme-oiseau. Comme en un cérémonial d’exorcisme, elle collecte patiemment d’anciennes figurines de porcelaine, figées dans leurs attitudes surannées ; puis elle les munit de précieuses ailes de verre et les habille de hauts jupons soufflés, crinolines érigées comme ces tours où l’on enferma de légendaires héroïnes, et d’où ses créatures semblent guetter un impossible envol. Mais leurs ailes de verre, belles et transparentes, sont inaptes au vol, ce sont d’inutiles élytres, fragiles et lourdes à porter, rêves d’elle, de femme emprisonnée dans son carcan mental : Anne, ma sœur Anne ne vois-tu rien venir ?

Depuis ses débuts en 1999, avec « Heart and figures », on voit Nam Eun-Jung, sculpteur de formation, préoccupée par la dramaturgie des sentiments. Sa deuxième exposition « Dreams of wedding » exploitait le thème de la mariée dont la jolie robe en métal tenait de la cage, tandis que le bouquet de fleurs s’épanouissait en corolles de verre, un verre déjà porteur de beauté et d’espoir. Ont suivi en 2002 « Les larmes », larmes de désespoir, de révolte, de rage, de chagrin mais aussi de rire et de joie, lors d’une exposition à Venise puis au Centre Culturel Coréen à Paris. Le verre chez Eun Jung est la langue du cœur délivré.

By art historian Mireille MAZET

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Nam


For several months now, Nam Eun Jung, little sister of Icarus, has been dreaming of wings. She is trying to flee her heavy memories, to put her homeland and family at a distance, to free herself. To succeed, she must become a bird, a bird-woman. As if in a ritual of exorcism, she patiently collects antique porcelain figurines, frees them of their rigid demeanor, bestows them with precious glass wings, and adorns them with tall glass-blown petticoats, high crinoline dresses like the towers of legendary heroines, from where these creatures seem to await an impossible flight. But their clear and beautiful wings of glass are unable to fly, they are fragile, useless and heavy elytra, they are the unattainable dreams of a woman imprisoned by her mental burden.

Ever since her beginnings in 1999 with « Hearts and figures », sculptress Nam Eun Jung, has been working with the dramaturgy of emotions. Her second exhibition, “Dreams of wedding” showed a bride in a metal cage-like dress, whose glass bouquet was blossoming with beauty and hope. Next came, in 2002, “Tears”: tears of despair, revolt, rage and sorrow, but also of laughter and joy, at a Venice exhibition then at the Korean Cultural Center in Paris. Eun Jung’s glass work speaks the language of a free heart.

By art historian Mireille MAZET

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